Citations sur être
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“Il faut se résoudre à conclure que l'entente est impossible avec De Gaulle, qu'il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu'il est un ennemi de la construction européenne (et) qu'en conséquence, il doit être détruit dans l'intérêt des Français.”

Jean Monnet (1888–1979) politicien français

Note déclassifiée, adressée au secrétaire d'État américain Harry Hopkins, (cité par Éric Branca, "De Gaulle - Monnet ou le duel du siècle", Revue Espoir, n°117, novembre 1998, p 9).

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“Porter sur toute chose un regard lucide, sans faire intervenir les souvenirs d’hier : alors, la vie cesse d’être problématique.”

Jiddu Krishnamurti (1895–1986) philosophe indien

L’Esprit et la Pensée (On Mind and Thought), 1993

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“C’est à la civilisation musulmane d’Espagne que la sensibilité occitane doit de s’être éveillée si tôt.”

René Nelli (1906–1982) écrivain français

L'Érotique des troubadours‎, 1963

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“[…] le développement des villes, des salons, de la cour impose à chacun de maîtriser ses pulsions et d'affiner ses manières et son langage. On assiste à un remarquable effort de civilisation, c'est-à-dire de transformation de l'être naturel, égocentrique et impulsif (Alceste, héros du Misanthrope) en sujet social plus ou moins complaisant (Philinte). De 1630 à 1690 environ, la qualité sociale essentielle c'est l' honnêteté, qui ne désigne pas, comme aujourd'hui, une probité morale, mais une civilité, un art de plaire, de s'adapter à l'attente d'autrui en contrôlant ses désirs. […] le XVIIe siècle voit le développement d'une bourgeoisie composée de juristes et administrateurs, portés à la discipline, et de négociants et financiers, soucieux d'économiser pour accroître leur puissance. Or, la morale est aussi une discipline et une économie des désirs. Cette bourgeoisie veut être reconnue comme élite; il lui faut pour cela s'imposer par sa vertu, d'autant plus qu'elle n'a pas la naissance qui définit la noblesse. Il lui faut surtout se démarquer du peuple. Cet effort de distinction culturelle élimine digestion, sexualité et tout ce qui peut paraître grossier dans le comportement ou l'expression. Il tend à réduire la spontanéité au profit de la raison, à imposer à la nature la maîtrise de l'art, à récuser le savoir-faire spontané ou empirique, fondé sur le génie ou le métier, au bénéfice d'un savoir-faire méthodique, fondé en théorie. C'est pour ces raisons fondamentales que les années trente, contredisant Aristote et renversant la tendance du premier tiers du siècle, soumettent l'art, et particulièrement la tragédie, à la morale.”

Jean Rohou (1934) écrivain et universitaire breton

La Tragédie classique, 1996, La « discipline » classique

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“J'ai seulement un œil, — J'ai le droit d'être aveugle parfois… Je ne vois vraiment pas le signal!”

Horatio Nelson (1758–1805) officier britannique

I have only one eye,— I have a right to be blind sometimes… I really do not see the signal!
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À la bataille de Copenhague en 1801. Nelson n'obéit pas à l'ordre de se retirer prétextant ne pas le voir.

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“La mort devrait être un service public gratuit pour tout le monde, […] comme la naissance.”

Pierre Desproges (1939–1988) humoriste français

En scène au Théâtre Fontaine (1984)

“Il vaut mieux être un spéculateur au bord de la faillite qu'un pauvre ruiné. Le premier est aidé, alors que le deuxième est expulsé de son logement, faute d'avoir payé ses crédits.”

Éric Revel (1961) journaliste français

Propos écrits à l'occasion de la crise des CDS et de la faillite de la banque Lehmann aux États-Unis en septembre 2008

“Les spéculations elles-mêmes doivent être basées sur des faits.”

Jeff Sutton (1913–1979) écrivain américain de science-fiction

Le Cerveau solitaire, 1970

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“À force d'être libre on finit par être seul.”

Bernard Werber (1961) écrivain français (1961-)

Citations de ses œuvres, Le Mystère des Dieux, 2007

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“Nous ne pouvons être réel. Le présent ne peut être réel.”

Ian Watson (1943) auteur de science-fiction britannnique

Le Voyage de Tchekhov, 1983

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“Si les dieux évoluent (culturellement) pour condamner l'égoïsme et d'autres comportements qui divisent, ils peuvent alors être utilisés pour promouvoir la coopération et la confiance dans le groupe. […] Créer des dieux qui peuvent tout voir et qui détestent les tricheurs et ceux qui ne respectent pas leur engagement est une bonne manière de réduire la tricherie et le bris d'engagement.”

Jonathan Haidt livre The Righteous Mind

en
If the gods evolve (culturally) to condemn selfish and divisive behaviors, they can then be used to promote cooperation and trust within the group. [...] Creating gods who can see everything, and who hate cheaters and oath breakers, turns out to be a good way to reduce cheating and oath breaking.
The Righteous Mind (2012)

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“Nul ne peut par l'accumulation de tous les moyens priver l'autre de l'instruction nécessaire pour son bonheur; l'instruction doit-être commune.”

Gracchus Babeuf (1760–1797) homme politique et révolutionnaire français

Manifeste des Plébéien
Sur l'éducation

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“Un jour, je découvris une inscription toute fraîche sur le mur de l'école, je m'approchai et je lus : « le père Barrault est un con. » Mon cœur battit à se rompre, la stupeur me cloua sur place, j'avais peur. « Con », ça ne pouvait être qu'un de ces « vilains mots » qui grouillaient dans les bas-fonds du vocabulaire et qu'un enfant bien élevé ne rencontre jamais; court et brutal, il avait l'horrible simplicité bébête élémentaires. C'était déjà trop de l'avoir lu : je m'interdis de le prononcer, fût-ce à voix basse. Ce cafard accroché à la muraille, je ne voulais pas qu'il me sautât dans la bouche pour se métamorphoser au fond de ma gorge en un claironnement noir. Si je faisais semblant de ne pas avoir remarqué, peut-être rentrerait-il dans un trou de mur. Mais, quand je détournais mon regard, c'était pour retrouver l'appellation infâme : « le père Barrault » qu'il épouvantait plus encore : le mot « con », après tout, je ne faisais qu'en augurer le sens; mais je savais très bien qui on appelait « père untel » dans ma famille : les jardiniers, les facteurs, le père de la bonne, bref les vieux pauvres. […] Il me semblait à la fois qu'un fou cruel raillait ma politesse, mon respect, mon zèle, le plaisir que j'avais chaque matin à ôter ma casquette en disant « bonjour, Monsieur l'instituteur » et que j'étais moi-même ce fou, que les vilains mots et les vilaines pensées pullulaient dans mon cœur. Qu'est-ce qui m'empêchait, par exemple, de crier plein gosier : « ce vieux sagouin pue comme un cochon. » Je murmurai : « le père Barrault pue » et tout se mit à tourner : je m'enfuis en pleurant. Dès le lendemain je retrouvai ma déférence pour M. Barrault, pour son col de celluloïd et son nœud à papillon.”

Jean-Paul Sartre livre Les Mots

Les Mots, 1964

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“La faute d’un homme ne peut être imputée à la Nation.”

Léopold III (roi des Belges) (1901–1983) quatrième roi des Belges de 1934 à 1951, né en 1901 et mort en 1983

Extrait du discours radiophonique tenu par le Premier ministre Hubert Pierlot , le 28 mai 1940 à Paris.
Citations à propos de Léopold III

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“Ce que nous appelons la terre est un élément de la nature qui est inextricablement entrelacé avec les institutions de l'homme. La plus étrange de toutes les entreprises de nos ancêtres a peut-être été de l'isoler et d'en former un marché. Traditionnellement, la main-d'œuvre et la terre ne sont pas séparées; la main-d'œuvre fait partie de la vie, la terre demeure une partie de la nature, la vie et la nature forment un tout qui s'articule. La terre est ainsi liée aux organisations fondées sur la famille, le voisinage, le métier et la croyance -- avec la tribu et le temple, le village, la guilde et l'église. Le Grand Marché unique, d'autre part, est un dispositif de la vie économique qui comprend des marchés pour des facteurs de production. Puisque ces facteurs se trouvent être indiscernables des éléments qui constituent les relations humaines, l'homme et la nature, il est facile de voir que l'économie de marché implique une société dont les institutions sont subordonnées aux exigences du mécanisme du marché. Cette proposition est utopique aussi bien en ce qui concerne la terre qu'en ce qui concerne la main-d'œuvre. La fonction économique n'est que l'une des nombreuses fonctions vitales de la terre. Celle-ci donne sa stabilité à la vie de l'homme; elle est le lieu qu'il habite; elle est une condition de sa sécurité matérielle; elle est le paysage et les saisons. Nous pourrions aussi bien imaginer l'homme venant au monde sans bras ni jambes que menant sa vie sans terre. Et pourtant, séparer la terre de l'homme et organiser la société de manière à satisfaire les exigences d'un marché de l'immobilier, cela a été une partie vitale de la conception utopique d'une économie de marché.”

Karl Polanyi livre La Grande Transformation

La Grande Transformation (1944), Deuxième partie : Grandeur et décadence de l'économie de marché, Chapitre 15 : Le marché et la nature

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“Jill appartient au monde du milieu du XXIIè siècle. On possède alors la maîtrise des voyages dans le temps, mais on ne la met que rarement en pratique et des restrictions sévères en réglementent l'usage. Conscient des risques de rupture et de désastre qu'elle implique, l'État n'accorde à chacun qu'un seul voyage durant sa vie. Et ce n'est pas pour le plaisir de visiter d'autres moments de l'histoire, mais en tant que rite d'initiation à l'âge adulte. (…) Vous êtes envoyé dans le passé pour (…)observer vos ancêtres. (…) Le but de votre voyage est de vous enseigner l'humilité et la compassion, la tolérance envers le prochain. Parmi la centaine d'aïeux que vous rencontrerez en chemin, la gamme entière des possibilités humaines vous sera révélée, chacun des numéros de la loterie génétique aura son tour. Le voyageur comprendra qu'il est issu d'un immense chaudron de contradictions et qu'au nombre de ses antécédents se comptent des mendiants et des sots, des saints et des héros, des infirmes et des beautés, de belles âmes et des criminels violents, des altruistes et des voleurs. À se trouver confronté à autant de vies au cours d'un laps de temps aussi bref, on gagne une nouvelle compréhension de soi-même et de sa place dans le monde. On se voit comme un élément d'un ensemble plus grand que soi, et on se voit comme un individu distinct, un être sans précédent, avec son avenir personnel irremplaçable. On comprend, finalement, qu'on est seul responsable de son avenir.”

Paul Auster (1947) écrivain et cinéaste américain

Début d'un scénario imaginé par le narrateur, écrivain.
La nuit de l'oracle, 2003 (v. f. 2004)

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“Le désir culminant de la plupart des êtres humains est de mettre leur vie entière délibérément entre les mains d'une autre personne. À cette fin ils choisissent souvent quelqu'un qui ne veut rien savoir de la maudite chose.”

Quentin Crisp livre The Naked Civil Servant

The consuming desire of most human beings is deliberately to place their entire life in the hands of some other person. For this purpose they frequently choose someone who doesn’t even want the beastly thing.
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The Naked Civil Servant (Fonctionnaire du nu)

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