„Mlle Curchod possédait à fond l’ Émile; elle avait l’imagination émue, le cœur plein des idées de Jean-Jacques, — elle est une des premières qui lui aient donné ce nom familier, — quand, à vingt-trois ans, après la mort de son père et de sa mère, elle était venue à Paris chercher les ressources qui lui manquaient en Suisse. Mariée à M. Necker, c’est avec une véritable passion qu’elle embrassa les devoirs de la vie conjugale. « [... ] je vous déclare que, tant qu’ Héloïse, Émile, ces divines et essentielles portions de Rousseau, seront entre mes mains, je ne puis regarder la vie de leur auteur que comme un faible accessoire; et il semble qu’on doive jeter un voile sur les défauts de cet orateur de l’humanité, de ce père de la vertu. » Elle proclamait en particulier la reconnaissance de son sexe : « Rousseau a tant accordé aux femmes, qu’on ne peut être fâché de ce qu’il leur refuse. » Toute sa vie elle l’avait suivi dans ses pérégrinations; à sa mort, dans un élan d’affection pieuse, elle aimait à se transporter au pied des peupliers qui abritaient ses restes.“

— Suzanne Curchod

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