François Mauriac photo
Octave Gréard photo

“Fort recherchée pour son esprit et sa beauté, elle avait institué à Lausanne, que sa famille était venue habiter pour elle, une Académie des Eaux où la jeunesse des deux sexes se livrait à des exercices littéraires que ne distinguait pas toujours la simplicité. Sous les auspices de Thémire — c’est le nom qu’elle s’était donné, — les cimes alpestres qui couronnent le lac de Genève et les riantes campagnes du pays de Vaud avaient vu renaître les fictions de l’ Astrée jadis enfantées dans la fièvre des grandes villes. Cette éducation à la fois simple et hardie, grave et aimable, fondée sur une large base d’études et ouverte à toutes les inspirations, même à celles de la fantaisie, avait été également celle de Germaine. Toute jeune, Germaine avait sa place aux vendredis de sa mère, sur un petit tabouret de bois où il lui fallait se tenir droite sans défaillance; elle entendait discourir sur la vertu, les sciences, la philosophie, Marmontel, Morellet, D’Alembert, Grimm, Diderot, Naigeon, Thomas, Buffon, se prêtait aux questions qu’on prenait plaisir à lui adresser, — non sans chercher parfois à l’embarrasser, — et se faisait rarement prendre en défaut. Mme Necker lui apprenait les langues, la laissait lire à son gré, la conduisait à la comédie. À onze ans elle composait des éloges, rédigeait des analyses, jugeait l’ Esprit des lois; l’abbé Raynal voulait lui faire écrire, pour son Histoire philosophique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, un morceau sur la révocation de l’Édit de Nantes; elle adressait à son père, à l’occasion du Compte rendu de 1781, un mémoire où son style la trahissait. La poésie n’avait pas pour elle moins d’attraits. Envoyée à la campagne pour rétablir sa santé loin des livres et des entretiens, elle parcourait les bosquets avec son amie, Mlle Huber, vêtue en nymphe, déclamait des vers, composait des drames champêtres et des élégies.”

Octave Gréard (1828–1904) pédagogue et universitaire français

Il est ici question de l'opinion du quotidien de Suzanne Necker.
L'Éducation des femmes par les femmes, 1885, Madame Necker

Hippolyte Taine photo
Marcel Lefebvre photo

“Je me suis trouvé pendant quinze ans à Dakar avec trois millions de musulmans, cent mille catholiques et quatre cent mille animistes, et si pendant ces quinze ans on a pu convertir dix musulmans, c'est un maximum. Je veux dire les convertir vraiment, les faire passer de l'islam au catholicisme. Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu une certaine influence catholique grâce à nos écoles où nous avions jusqu'à 10 à 15% de musulmans. Je n'en voulais pas davantage, sinon ils auraient imposé l'islam dans nos écoles. Une fois qu'ils sont forts, ils s'imposent, prennent la tête du mouvement et essayent de convertir les autres. Quand ils sont faibles, ils écoutent et se taisent. Les jeunes gens qui ont été dans nos écoles ont certainement été influencés, peut être certains d'entre-eux ont-ils désiré le baptême c'est très possible. Mais c'est très difficile pour un jeune homme de se convertir au catholicisme, car il est chassé de sa famille, il sait qu'il risque même d'être empoisonné. […] Il n'y a que ceux qui sont étudiants en université qui arrivent à se convertir parce qu'ils sont indépendants. Ils savent que leur avenir est assuré; dont ils n'ont plus besoin de leur famille et partiront en Europe, ils peuvent se convertir. Mais convertir quelqu'un qui est dans sa famille, c'est pratiquement impossible. En inspirant la religion islamique; le démon a véritablement empêché la conversion de millions d'hommes.”

Marcel Lefebvre (1905–1991) prélat catholique

Sur l'islam

Dominique Fernandez photo
Colette photo
Pierre Desproges photo
Charles Seignobos photo
Alphonse Daudet photo
Zbigniew Brzezinski photo

“C'est également un fait que l'Amérique est trop démocratique chez elle pour être autocratique à l'étranger. Cela limite l'utilisation de la puissance américaine, notamment sa capacité d'intimidation militaire. Jamais précédemment une démocratie populaire avait atteint une suprématie internationale. Mais la poursuite du pouvoir n'est pas le but poursuivi par les passions populaires, excepté dans des conditions d'une menace ou d'une remise en cause du sentiment populaire de bien-être domestique. L'abnégation économique (c'est-à-dire les dépenses militaires), et le sacrifice humain (les pertes même parmi les soldats professionels) qui sont nécessaires à l'effort sont peu agréables pour les instincts démocratiques. La démocratie est inamicale envers la mobilisation impériale.”

Zbigniew Brzezinski (1928–2017) politologue américain

It is also a fact that America is too democratic at home to be autocratic abroad. This limits the use of America's power, especially its capacity for military intimidation. Never before has a populist democracy attained international supremacy. But the pursuit of power is not a goal that commands popular passion, except in conditions of a sudden threat or challenge to the public's sense of domestic well-being. The economic self-denial (that is defense spending), and the human sacrifice (casualties even among professional soldiers) required in the effort are uncongenial to democratic instincts. Democracy is inimical to imperial mobilization.
en
Le Grand Echiquier - 1997

Nicolas Dupont-Aignan photo
Laurence Sterne photo

“À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou
l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et
pourquoi pas tous deux puisque c'était leur commun devoir ?
S'ils avaient à cet instant pesé le pour et le contre, s'ils
s'étaient avisés que de leurs humeurs et dispositions
dominantes allaient dépendre non seulement la création d'un être
raisonnable mais peut-être l'heureuse formation de son corps,
sa température, son génie, le moule de son esprit et (si douteux
que cela leur parût), jusqu'à la fortune de leur maison — s'ils
avaient mûrement examiné tout cela, je suis persuadé que j'aurais
fait dans le monde une tout autre figure et serais apparu au
lecteur sous des traits sans doute fort différents de ceux qu'il
va voir. Croyez-moi, bonnes gens, la chose n'est pas une bagatelle
comme beaucoup d'entre vous le pensent. Vous n'êtes certes
pas sans avoir entendu parler des esprits, vitaux, de leur
transmission de père en fils, etc., et de bien d'autres merveilles. Eh
bien, je vous donne ma parole que le bon sens ou la folie d'un
homme, ses succès ou ses mésaventures dans le monde dépendent
pour les neuf dixièmes des mouvements de ces esprits, de leurs
activités et des voies où on les engage ; une fois lâchés, bien
ou mal l'affaire est conclue ; les voilà partis pêle-mêle à tous
les diables ; foulant et refoulant le même chemin, ils le rendent
aussi uni et lisse qu'une allée de jardin ; quand ils y sont une
fois accoutumés le Démon lui-même ne saurait les en divertir.

— Pardon mon ami, dit ma mère, n'avez-vous pas oublié de remonter la pendule ?

— Grand Dieu ! s'exclama mon père, non sans un effort pour
étouffer sa voix,
depuis la création du monde, une femme a-t-elle
jamais interrompu un homme par une question aussi sotte ?

— Pardon, que disait votre père ?

— Rien.”

Laurence Sterne (1713–1768) écrivain ecclésiastique britannique

Citation

Pascal Blanchard photo
Maud de Belleroche photo

“Il me semblait que ma vie était tracée à jamais entre ces barbelés : une famille.”

Maud de Belleroche (1922–2017) actrice, femme de lettres et journaliste française

Ouvrages, L'Ordinatrice ? (1968)

Vladimir Nabokov photo
Louis C.K. photo
Gilbert Keith Chesterton photo
Muriel Barbery photo